Homélie du 22/11/2020

Homélie pour la fête du Christ Roi


                                                           

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XXXIV è D.T.O: CHRIST ROI DE L’UNIVERS
La longue série des dimanches du temps ordinaire s’achève sur la vision grandiose du Christ Roi de l’Univers. Avec cette solennité nous terminons les dimanches de l’année A et dimanche prochain sera le premier dimanche de l’Avent de l’année B. En cette fête du Christ Roi de l’Univers, nous avons entendu un très beau texte de Saint Paul. Ce dernier répond aux questions des corinthiens concernant les derniers jours et la résurrection des morts. A ceux qui doutent encore de la résurrection, il affirme que « le Christ est ressuscité d'entre les morts ». Alors qu’Adam avait conduit l’humanité à sa perte, Jésus la conduit à la vie. Il marche en tête de la procession des hommes montant vers Dieu. Il introduira dans le royaume du Père ceux qui l’auront suivi. Alors apparaîtra son pouvoir. A travers son message, Paul voulait rejoindre les chrétiens de Corinthe qui avaient du mal à résister aux courants spirituels et philosophiques à la mode. Il voulait leur recommander de ne pas suivre tout ce qui se disait autour d’eux, surtout quand cela portait atteinte à la divinité du Fils de Dieu. A cette époque, le Christ n’était plus reconnu comme le verbe créateur et l’unique sauveur. Face à ce péril, l’apôtre Paul réaffirme avec force et fermeté qu’il a plu à Dieu de tout réconcilier par le Christ. Comme autrefois, les chrétiens d’aujourd’hui sont sollicités par toutes sortes de spiritualités complètement tordues et plusieurs divinités. Nous sommes également affrontés à l’incroyance, l’indifférence. Si nous voulons tenir bon, il nous faut revenir au cœur de la foi et remettre le Christ au centre de notre vie. Le livre d’Ezéchiel nous présente Dieu comme un bon berger. Il nous parle d’un troupeau abandonné, accablé, maltraité et malade. Dieu s’engage à tout faire pour en prendre soin, le guérir, le fortifier et le protéger. Lorsque le loup survient, il ne prend pas la fuite, mais donne sa vie pour ses brebis (Jn10, 15) : le roi pasteur devient l’agneau immolé pour que le troupeau ait la vie, et qu’il l’ait en abondance (Jn10, 10). Car l’amour ne peut pas mourir, et c’est en aimant jusqu’au bout (Jn13) que Jésus manifeste sa royauté. Donner sa vie pour ses brebis. Sa royauté n’est pas celle de ce monde : « … les chefs font sentir leur pouvoir et commandent en maître… Le plus grand parmi vous sera votre serviteur » (Mt20, 25-28). Dans l’évangile, nous avons le récit du jugement dernier. « J’ai eu faim et vous m’avez donné à manger…j’étais un étranger et vous m’avez accueilli… ». Cet évangile, nous parle du comportement de l’homme envers son semblable qui est affamé, assoiffé, étranger, nu, malade ou en prison. C’est une invitation à chacun de nous de sortir de nos églises et d'aller dans la rue pour rencontrer nos frères et soeurs qui y habitent. Même si nous ne pouvons pas porter toute la misère du monde, les occasions pour aider les pauvres ne manquent pas car nous vivons dans un monde où les pauvres deviennent de plus en plus pauvres et de plus en plus nombreux. Et avec le covid la vie devient de plus en plus difficile. Ce n’est pas le fils de l’homme qui nous jugera mais ce sont nos actes qui nous jugeront. En servant les petits qui sont les frères de Jésus, nous avons accueilli, nourri, vêtu, soigné et visité le fils de l’homme lui-même. La balance du jugement dernier c’est en fait l’amour. Ce sont donc bien des oeuvres de charité qui sont déterminantes. Et « celui qui n’agit pas, sa foi est bel et bien morte » nous dit Saint Jacques. Aujourd’hui nous pouvons nous poser cette question à la fin de chaque journée : « A combien de personnes ai-je manifesté l’amour ? Ai-je aimé mon prochain comme moi même ? » Du coup, le prochain en question, est toute personne que le Seigneur met sur notre route ; qui est affamés, étrangers, nus, malades et en prison qui est livré à la miséricorde et à l’amour fraternel des autres. Cette consigne de partage vaut pour tout le monde mais en particulier pour tout disciple du Seigneur. Nous ne devons pas être les derniers à reconnaître le Christ dans celui qui souffre. En recevant l’eucharistie, nous venons puiser à la source de tout amour pour le transmettre aux autres.

Père Joseph BATWARE